Dans les coulisses de notre atelier : une histoire de rencontres et de savoir-faire

Avant de devenir l’atelier qui confectionne les pièces de Maison Lacerf et accompagne d’autres marques, notre aventure a commencé dans un petit local au Maroc, loin du centre-ville. J’avais 19 ans, des idées de vêtements et beaucoup à apprendre.
C’est là que j’ai rencontré un couturier avec lequel une amitié s’est construite. Nous avons commencé à travailler ensemble sur Maison Lacerf. Au fil des années, cette rencontre a donné naissance à une équipe, puis à l’atelier que je dirige aujourd’hui : Fairwear Manufacture, à Agadir.
À 19 ans, les premières pièces de Maison Lacerf
À l’époque, nous travaillions dans une toute petite structure, encore informelle. Nous échangions sur les coupes, les tissus, les détails à reprendre. J’arrivais avec une idée ; il apportait son regard de couturier et sa connaissance du vêtement.
Nous avons appris à nous comprendre en travaillant. Certaines pièces demandaient plusieurs essais. D’autres ouvraient de nouvelles pistes. Cette relation s’est installée dans la durée, avec la confiance qui se construit lorsque l’on avance ensemble pendant des années.
Puis les commandes se sont développées, notamment vers les États-Unis. Il a fallu structurer l’activité, formaliser notre fonctionnement, investir et recruter d’autres couturiers. L’équipe a grandi progressivement, au rythme des projets.


Faire grandir l’atelier sans perdre son esprit
Une autre étape s’est dessinée avec Rosette Style. Nous avons réuni notre première équipe et un atelier marocain existant, que j’ai ensuite racheté.

Ce rapprochement nous a permis de développer nos capacités et de poursuivre la construction d’un cadre de travail plus organisé. Mais je tenais à conserver ce qui avait rendu les débuts possibles : une relation directe avec les personnes qui fabriquent et une vraie place donnée à leur savoir-faire.
Aujourd’hui encore, je connais les personnes derrière les vêtements. Nous discutons des modèles, des difficultés techniques et des solutions à trouver. L’atelier reste un lieu où les échanges font partie du travail.
Des couturiers qui travaillent en tailleurs
Dans notre atelier, nous ne travaillons pas à la chaîne. Chaque couturier exerce un métier de tailleur, avec une compréhension de la pièce dans son ensemble.
Ce fonctionnement laisse une place au regard et à l’expérience de chacun. Il permet de réfléchir au tombé d’une matière, à l’équilibre d’un volume ou à la manière d’obtenir une finition plus juste.
Entre le premier prototype et le vêtement terminé, il y a des décisions que l’on ne voit pas toujours sur une photographie : reprendre une proportion, ajuster une couture, tester un montage. C’est aussi cela que nous souhaitons faire découvrir dans les coulisses de Maison Lacerf.


Des engagements humains au quotidien
Lorsque je parle d’un atelier éthique, je pense d’abord aux personnes qui y travaillent et aux conditions dans lesquelles elles exercent leur métier.
Chez Fairwear Manufacture, tous nos couturiers sont déclarés et rémunérés au-dessus du salaire minimum légal applicable au Maroc. Ce sont des engagements concrets auxquels je tiens dans le développement de l’entreprise.
Nous avons également recruté des femmes par l’intermédiaire d’associations accompagnant des personnes sourdes ou en situation de handicap. Cette démarche vise à ouvrir des possibilités d’emploi et à faire une place aux compétences de personnes qui rencontrent parfois davantage d’obstacles pour accéder au travail.
Notre équipe réunit des femmes et des hommes. Je souhaite que chacun puisse y trouver sa place, être respecté et contribuer au travail collectif.
Une ambiance familiale, avec les exigences d’un atelier
Il y a beaucoup de vie chez nous. Des conversations, des rires, des personnalités différentes et des habitudes qui se construisent avec les années.
J’ai toujours voulu que l’on puisse venir travailler sans laisser sa personnalité à la porte. Que l’atelier soit un endroit où l’on se sente bien, où l’on puisse poser une question ou signaler une difficulté.
Cette proximité demande aussi un équilibre. Diriger un atelier, c’est organiser les commandes, tenir les délais et rappeler que le travail de chacun participe à celui de toute l’équipe. La bonne humeur et l’exigence doivent avancer ensemble.



Maison Lacerf, et bien d’autres projets
Maison Lacerf fait partie de l’histoire de l’atelier, mais elle n’est pas la seule marque à y être confectionnée.
Fairwear Manufacture accompagne aujourd’hui d’autres créateurs dans le développement de leurs collections : sourcing de tissus, patronage, prototypes, gradation, confection et personnalisation.
Nous travaillons également sur des projets destinés aux boutiques, aux hôtels et à d’autres professionnels. Selon les besoins, nous développons une pièce spécifique ou personnalisons des vêtements par la broderie et l’impression.
Une part importante de notre activité est tournée vers les États-Unis. Ces échanges avec des marques et des boutiques à l’international ont accompagné notre croissance et nous ont amenés à affiner notre organisation.
Ce que je souhaite préserver
Depuis le petit local de mes débuts, l’atelier a beaucoup changé. L’équipe s’est agrandie, les projets se sont diversifiés et nos vêtements ont voyagé.
Ce que je souhaite préserver, c’est la possibilité de grandir en gardant une relation humaine avec celles et ceux qui rendent tout cela possible.
Derrière une pièce Maison Lacerf, il y a une matière, une coupe et du temps. Il y a surtout des personnes, des gestes et une histoire qui continue de s’écrire à plusieurs.
Halima Fanedoul — fondatrice de Maison Lacerf et de Fairwear Manufacture.